Paule Bernard, une artiste complète.
Découvrez cette cravantaise, douée en poésie et en peinture

Paule Bernard

Paule Bernard est une artiste à double talent : à la fois poète et peintre.
A la retraite en 1983, enfin libre de faire ce qu’elle veut de son temps, cette cravantaise de coeur, originaire du Berry, se met à écrire de la poésie classique.
Une mouche sur un carreau, un chat qui la guette, et elle prend son stylo pour raconter la scène, en alexandrin. « Je ne sais plus écrire que comme ça», avoue-t-elle. Ce qui l'inspire : les choses qui l'entourent, l'actualité. « Le crash du vol de Charm el Sheik m'avait poussée à écrire un poème » raconte-t-elle. Elle parcourt l’un de ses cinq recueils « tenez, perdu en mer, je l’ai écrit après que j’ai vu le cimetière marin de l’Ile d’Yeu. Il m'avait troublée. Il faut que quelque chose me touche pour que j’en fasse un poème.»

La poésie de Paule Bernard émeut. Dans J'avais deux frères, elle rend un très bel hommage à ses frères, décédés. Et la Société des Poètes et Artistes de France ne s'est pas trompée en reconnaissant son talent et en lui décernant les premiers prix lors du concours de Vézelay en octobre dernier. Voici un extrait de Parce que tu m’as souri, premier prix pour le sonnet :
Je ne t’ai pas cherché, mais tu m’as regardée
Un instant dans l’espace, et puis tu m’as souri
D’un sourire charmeur que l’espoir embelli ;
Un bien-être divin m’a toute enveloppée.

« C’est très difficile la poésie, surtout la poésie classique » explique Renée, son amie proche. « Il y a énormément de règles à respecter, avec les voyelles et la ponctuation. Alors on se relit mutuellement. Moi aussi  j’écris de la poésie, mais plutôt de la néo-classique, c'est moins contraignant ».

Depuis 2000, Paule a publié cinq recueils dont un en berrichon « j’sous ti bien dans nout’ Berry ». Le dernier, « je l'ai fabriqué mi-même, avec mon ordinateur » précise-t-elle.

« c’est comme une musique la poésie. S’il n’y a pas les douze pieds, ça sonne mal."

Plus tard lui est venue la passion de la peinture. Elle peint au printemps, dans sa véranda. « Je peins à l'huile, des paysages surtout, à partir de photographies. Je participe à des expositions et à des salons locaux ».

Mais avec les années, l'envie s'étiole. Plus encore l'hiver : « je ne peux pas peindre en hiver, il fait sombre et triste. Et la poésie, je me force maintenant. Je n'écris plus que pour les concours ». Et le prochain, c'est en mai 2010. Le rendez-vous est pris.